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BRICHKA, HABITER LA ROUTE

Un projet réalisé par Échelle Inconnue qui interroge le nouveau contrôle technique entré en vigueur à partir du 20 mai 2018 et ses conséquences en matière de droit au logement et de salariat mobile.

« La loi sur le contrôle technique est passée […]. Ça touche tout le monde : tous ceux qui ont besoin de se déplacer et qui ont des petits salaires ! Je suis allé voir deux contrôles techniques : sans regarder les autres points de contrôle inhérents à tout véhicule, je ne passe pas parce qu’il [le camion] est aménagé. »

Éric Hergault, habitant en camion rencontré alors qu'il venait d'entamer une grève de la faim pour contester contre l'arrêté ministériel modifiant le contrôle technique. Extrait du film « Une loi pour fabriquer des pauvres ».



PRÉSENTATION DU PROJET BRICHKA, HABITER LA ROUTE

Brichka, du polonais bryczka « voiture légère », est une calèche légère à 4 roues, d'origine autrichienne, à la caisse en osier, qui servait de véhicule de voyage à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle. Elle fut utilisée par l’armée insurrectionnelle ukrainienne dirigée par Makhno comme arme dangereuse et mobile, créant ainsi des stratégies nouvelles.

APPROCHE ▽
Ce projet s’inscrit dans le programme de recherche et de création artistique « Makhnovtchina », travail au long cours mené par Échelle Inconnue sur les nomadismes contemporains et les différentes manières d’habiter la ville. La connaissance de ces situations s’appuie sur la mise en place depuis 2011 d’un repérage actif et comparatiste des situations de mobilité, à la fois en Normandie mais aussi à l’Est de l’Europe en Russie et en Moldavie. Le MKN-VAN, camion cinéma et atelier, est un outils qui permet d’aller à la rencontre des habitants mobiles, documenter des situations de mobilité et réaliser et/ou projeter des films dans les lieux concernés.

CONTEXTE ▽
Le territoire de l'emploi a profondément changé de nature en France. Depuis une quinzaine d’années, une catégorie sociale disparue depuis les années 1920 réapparaît : le travailleur mobile ou nomade, que les termes « intérimaires, détachés, travellers, saisonniers, déplacés » tentent de ceindre. L’habitat mobile est une pratique de groupes professionnels historiques (marchands et industriels forains, mariniers…) qui s’étend de plus en plus aux salariés du bâtiment et de l’industrie, voire du secteur tertiaire. La frontière entre travail et habitat, vie privée et vie professionnelle, tend de plus en plus à s’estomper. Le choix résidentiel est de plus en plus subordonné à des contraintes de flexibilité professionnelle. Afin de répondre a cette mutation en matière d'emploi, de nombreux ouvriers, intérimaires, chômeurs, aménagent des véhicules utilitaires pour habiter au plus proche du chantier ou de l’usine.

ENJEUX ▽
Les exigences du contrôle technique se renforcent depuis mai 2018. Ces logements sur roues non homologués par la DREAL (anciennement les Mines) auront de plus en plus de difficultés à circuler, ceci précarisant davantage ces travailleurs et/ou habitants en les empêchant de répondre à l'offre d’emploi. Le projet « Brichka, habiter la route » associe un de ces mobiles précaires, Jean-Charles Maillot, à la fois en tant qu’habitant expert et spécialiste du détournement et de la récupération. Présent à toutes les phases du projet, il coordonnera cette étude en binôme avec Misia Forlen, architecte, assistée d’Anne-Sophie Bocquier, responsable des recherches sur l’habitat léger et mobile.

INTENTIONS ▽
Il s'agit de rendre visible et d'amener à une prise de conscience tant des pouvoirs publics que de l'opinion de l'évolution contemporaine du monde et du logement ouvrier. Sans être un prétexte, ce travail de recherche permettra de mettre en évidence des questions plus urbaines et structurelles : accès au sol, au réseau, au droit. Car cette re-mobilisation de la main d'œuvre, loin de constituer un épiphénomène, induit une profonde remise en question de la politique territoriale et de l'organisation sociale (le lieu du vote par exemple).

RESTITUTION ▽
L’analyse formulée et la documentation étudiée peut être consultée à la fois au sein du centre ressource d’Échelle Inconnue, situé au 11-13, rue Saint Etienne des Tonneliers à Rouen, ainsi que sur le site brichka.org. Les « Films » présentent les situations concrètes rencontrées en amont afin d’introduire certaines problématiques liées à l’habitat léger et mobile et d’expliciter l’origine du projet. Le film « Brichka, habiter la route », réalisé par Stany Cambot et produit par Christophe Hubert, met en exergue les éléments clés de la recherche et permet de générer un outils de réflexion et de diffusion autour des enjeux de ce nouveau contrôle technique.

CONTENU ▽
Le travail de recherche, qui a tout d’abord consisté en une étude attentive du nouvel arrêté ainsi que de ses répercussions à l’échelle individuelle mais aussi urbaine, est lisible dans la rubrique « Des codes et la ville ». Ce travail théorique a également donné lieu à une exposition, inaugurée en mars 2019 à l’occasion des « Rencontres nationales de l’habitat mobile ». Ces rencontres furent l’occasion de faire le point avec différents professionnels et de mettre en perspective les premières hypothèses formulées. Elles ont permis de mettre en place certains outils et tactiques pour se former à l'« Aïkido juridique » et d'établir ainsi un rapport de force constructif. Des interventions dans différents médias locaux et lors des rencontres internationales de l’habitat léger en Belgique ont permis de diffuser les connaissances développées tout au long du projet (« Revue de presse »).

Réalisation : Échelle Inconnue

GÉNÉRIQUE
ÉQUIPE DU PROJET
Stany Cambot : architecte, réalisateur
Christophe Hubert : géographe, administrateur
Jean-Charles Maillot : coordinateur du projet en binôme, habitant expert
Misia Forlen : coordinatrice du projet en binôme, architecte, première assistante au réalisateur
Anne-Sophie Bocquier : responsable des recherches sur l’habitat léger et mobile
Alexandre Desliens : monteur, régisseur technique
Catherine Nancey : comptable, régisseuse générale
Émilie Richelle : chargée de production, de diffusion et d'édition
Julie Davainne : chargée de communication
Gérard Alègre : créateur numérique
Liudmila Piskareva : traductrice, chargée de diffusion du projet en Russie

PARTENAIRES OPÉRATIONNELS
HALEM
Centre Social Relais Accueil des Gens du Voyage de Sotteville-lès-Rouen

CE PROJET A REÇU LE SOUTIEN DE :
Fondation de France
Fondation Abbé Pierre
Fondation Un Monde Par Tous
Institut pour la ville en mouvement